Il vient de Chablis en Bourgogne, c’est sa première à la foire de Lessay. Sa spécialité c’est la crêpe géante, ses première impressions : « la foire est très intéressante ! ».
« La crêpe géante »
nov 25
Visiteurs « CH’TIS »
nov 25
« Nous venons du Nord, « Les ch’tis », cela fait 30 ans que nous venons à la foire. On a connus la foire grâce au « bouches à oreilles », nous venons pour nous promener mais surtout pour manger des épaules d’agneaux. »
Il vient depuis plus de 10 ans. Il a connu la foire de bouche-à-oreille puis il est venu une fois pour voir et vu que cela a bien fonctionné, il revient tout les ans. Il fait des foires toutes l’année mais elles sont toutes plus petites que la foire de Lessay. Les foires de Granville, de Montilly, de Colombiers sont des foires où il est présent depuis plusieurs années.
« Il y a une très bonne ambiance ». « L’évolution de la foire est juste l’emplacement ». Ce vendeur fait beaucoup de foires d’octobre à décembre telles que celles de Gavray, Caen, Bezoule et Pousset.
Agrial et le café équitable
nov 23
Ce samedi matin, Mr Claude TARIN Maire de LESSAY, nous dit qu’il est allé au stand AGRIAL, et qu’il y a vu un député fédéral Brésilien, directeur d’une coopérative. AGRIAL va se lancer dans le commerce équitable du café et distribuera du café bio qui vient de la coopérative Brésilienne. Le député brésilien et Mr TARIN ont bu un café et goûté le pommeau. Le député Brésilien (ancien ministre des sports) n’en revient pas de la grandeur de la foire…


La fondation de l’abbaye de Lessay est consignée dans une ancienne charte en 1080. C’est un des plus beaux documents des archives départementales de la Manche. Avant la guerre, elle était exposée à Paris, c’est le premier document important de Guillaume le Conquerant du Royaume Anglo-Normand. La charte parle des petites foires : Créances… mais ne parle pas de la foire de Lessay car celle-ci n’existait pas à l’époque, elle dépend cependant de l’abbaye fondée en 1056, et administrée par un « seigneur-abbé ». A cette époque la foire était louée pour un bail de 3 à 9 ans renouvelable, et l’argent allait aux moines. La foire était l’occasion de réunir la population des environs et de faire venir les marchands de loin. Sous l’ancien régime, seuls les seigneurs avaient le droit d’organiser la foire. A partir de la Révolution, c’est les maires, représentants du peuple qui l’administrent. Au XVIIe c’est le roi qui nommait le commanditaire chargé de collecter l’argent de la foire. Les moines faisaient le travail. L’abbaye était juste le collecteur d’impôts. Sur place il y avait le prieur. L’argent était distribuée à 1/3 pour le bâtiment et 1/3 pour l’aumone (distribution de pain, du lard aux pauvres). En 1671, Louis XIV promulgue un édit qui est le deuxième acte de naissance de la foire, dans lequel le roi autorise qu’elle soit prolongée de trois jours. En 1982, il est décidé que la foire se tiendrait le deuxième week-end de septembre et ce jusqu’ à aujourd’hui.
Extrait des propos de Mr M. Pinel. Le 12 octobre 2009. Photo charte de la collection Mr. M.Pinel
Cette carte postale de 1902 représente la foire de LESSAY en fin de journée. Les derniers visiteurs trainent. Les chansonniers, tel que Louis BEUVE ont disparus. Louis BEUVE est né à Quettreville-sur-sienne le 21 décembre 1869. Il vécut son enfance et une grande partie de sa jeunesse au pays de LESSAY. Après des études au lycée de CAEN, il est commis de librairie à PARIS. Il crée en 1897, avec François ENAULT, la société du Bouais-Jan et la revue du même nom, qui paraitra jusqu’en 1906. Ensuite, il devient rédacteur et directeur du courrier de la manche. Après la destruction de Saint-Lô en 1944, il part quelques temps chez son fils à CHERBOURG, puis dans son pays natal, QUETTREVILLE SUR SIENNE ou il meurt en 1949. Il a écrit plusieurs poèmes, en dialecte ou français qui évoquent la foire de LESSAY dont « la grande lainde de LESSAY » (voir ci dessous).Un monument fut élevé à la mémoire de Louis BEUVE, à l’ entrée de lessay, en AOUT 1967 (notice de monsieur Michel PINEL).
Patois
La graind-lainde dé LESSAY
Veire! Dains les soumbres nyits de varouage,
Quaind no-z’enteind les veints vîpaer,
Quaind les pouores geins qui sount en viage,
Devaunt tei fount le sène dé la croué,
Ch’ est en vain que CARTERET qui s’ alleume
T’ envie le sourire dé sen écllai.
T’ es triste souos ten manté de breume
Et ryin oû^mounde né te distrait
ô ma belle lainde, grainde coume la mé,
ô ma graind-lainde dé LESSAY.
Grainde millorenne désolaée,
Tu ne souoris qu’eune feis touos les ains.
Quaind la sainte croué, à pllennes quertaées,
Sus ta brière amouène nous geins,
Tu troublles la vuule Abbaye Des beugllements de dyis mille âômés
Et pendaint les troués jours de folie,
Le cotentin n’a paé ta fyirtaé,
ô ma belle lainde, grainde coume la mé,
ô ma graind-lainde dé LESSAy.
Men âme, coume eune vuule touornyiresse,
Qui,souos les teintes, vous teind la main,
Révyint, ô lainde dé ma jeunesse,
Té demaindaer l’âomône d’eun souvenin.
Jé té ressemble car touotes les jouées
Achteu maisi ne durent paé tcheu mei,
Et ma pouore âme touormeintaée
Est demeuuraée triste touot coume tei,
ô ma belle lainde, grainde coume la mé,
ô ma grainde – lainde dé LESSAY
La grande lande de Lessay
Voir ! dans les sombres nuits de marche
Quand on entend les vents sifflés
Quand les pauvres gens qui sont en voyage
Devant toi font le chemin de croix c’est en vain que Carteret qui s’allume
t’envie le sourire de son éclair
T’es triste sous ton manteau de brume
Et rien au monde ne te distrait
O ma belle lande, grande comme la mer,
O ma grande lande de Lessay
Grande « millorenne » désolée
Tu ne souris qu’une fois tous les ans
Quand la Sainte Croix, à pleines foules
Sous ta brière mouillée, nos gens
Tu troubles la vieille abbaye
des beuglements de dix milles amouillantes
Et pendant les trois jours de folie
Le cotentin n’a pas ta fierté
O ma belle lande, grande comme la mer
O ma grande lande de Lessay
Mon âme comme une vieille tornade
qui sous les tentes, vous tend la main,
revient, ô lande de ma jeunesse,te demander l’aumône d’un souvenir
Je te ressemble car toutes les joies,Maintenant mais ça ne dure pas chez moi
et ma pauvre âme tourmentée
est demeurée triste tout comme toi
O ma belle lande, grande comme la mer
O ma grande Lande de Lessay
Texte de Mr Louis Beuve réécrit par Sarah Bernard et Jacques David

No m’coûnait bi sûs le champ d’faire :
Au habs d’eun gaol j’mets un cannot,
Oh ! c’est tréjous mei qu’ait le l’milieu boire :
» Amm’nous, boune gens, ch’est syis sous l’pot’
Nous on me connaît bien sur le champ de foire :
« Au bout d’une canne je mets une carafe »
c’est toujours moi qui ait le meilleur à boire :
« Amenez-vous, bonne gens, je suis sous le tonneau »
texte en patois de Louis Beuve, réécrit par Sarah Bernard et Jacques David
Photos issue de la collection de Mr Michel Pinel.
« Le rat du Sahara »
nov 23
Cette carte postale des années 1900-1910 nous montre une allée de déballeurs et surtout la foule qui s’y presse. On y remarque les hommes en costume ou en blouse et les femmes avec leurs coiffes. Les achats s’y font en famille.
Et au bout de la rue, une voix nous hèle « venez, venez », un rideau s’ouvre et apparaissent : « la femme boa », « le rat du Sahara », « des animaux à deux têtes », « la femme colosse ». Prix de la place : 30 centimes et 6 sous.
A d’autres époques, on y voyait des saltimbanques, du théâtre, des cirques.
Extrait de propos tenus par Mr Michel Pinel le 12/10/2009
Photos de la collection de Mr Michel Pinel
« La fair ‘ dait yer bi consequente « La foire « d’hier » bien conséquente
Car l’vent amouèn, jusque par chin, Car le vent d’amont, jusque par ici,
Les cris des g’vas, des amouillaintes, Les cris des vaches, des amouillantes,
et tout l’tabûs des baladins ! » Et tout le bruit des déballeurs ».
Texte en patois de Mr Louis Beuve et réécrit par Sarah Bernard et Raymond Rattier.

Les vendeurs de cidre négocient autour de caisses en bois en train de boire une « moque » de cidre.
Ils protègent leur tonneaux de cidre avec une bâche. Au loin on aperçoit la gand land vierge de verdure et quelques habitations. Les vendeur négocient les tonneaux de cidre autour d’une « moque » à l’époque ils buvaient près de 172 tonneaux sans compter le vin sur le week-end de la foire. La négoce était réservée aux hommes, le « patron » menait les affaire. D’autres personnes vennaient pour y acheter aussi des chanson avec partitions jouées souvent à l’accordéon pour animer leur soirées, les fête de familles… la télévision n’existant pas !
Au XIXe on attendait la foire pour se marier après les moison et les travaux des champs. On y achetait les alliances, les balais, les casseroles, le trousseau. On y trouvait aussi des rémouleurs, l’arracheur de dent et l’herboriste.
Extrait des propos de Me Pine l le 12/10/2009 et carte postal de la collection de Me Pinel.