
La fondation de l’abbaye de Lessay est consignée dans une ancienne charte en 1080. C’est un des plus beaux documents des archives départementales de la Manche. Avant la guerre, elle était exposée à Paris, c’est le premier document important de Guillaume le Conquerant du Royaume Anglo-Normand. La charte parle des petites foires : Créances… mais ne parle pas de la foire de Lessay car celle-ci n’existait pas à l’époque, elle dépend cependant de l’abbaye fondée en 1056, et administrée par un « seigneur-abbé ». A cette époque la foire était louée pour un bail de 3 à 9 ans renouvelable, et l’argent allait aux moines. La foire était l’occasion de réunir la population des environs et de faire venir les marchands de loin. Sous l’ancien régime, seuls les seigneurs avaient le droit d’organiser la foire. A partir de la Révolution, c’est les maires, représentants du peuple qui l’administrent. Au XVIIe c’est le roi qui nommait le commanditaire chargé de collecter l’argent de la foire. Les moines faisaient le travail. L’abbaye était juste le collecteur d’impôts. Sur place il y avait le prieur. L’argent était distribuée à 1/3 pour le bâtiment et 1/3 pour l’aumone (distribution de pain, du lard aux pauvres). En 1671, Louis XIV promulgue un édit qui est le deuxième acte de naissance de la foire, dans lequel le roi autorise qu’elle soit prolongée de trois jours. En 1982, il est décidé que la foire se tiendrait le deuxième week-end de septembre et ce jusqu’ à aujourd’hui.
Extrait des propos de Mr M. Pinel. Le 12 octobre 2009. Photo charte de la collection Mr. M.Pinel
Cette carte postale de 1902 représente la foire de LESSAY en fin de journée. Les derniers visiteurs trainent. Les chansonniers, tel que Louis BEUVE ont disparus. Louis BEUVE est né à Quettreville-sur-sienne le 21 décembre 1869. Il vécut son enfance et une grande partie de sa jeunesse au pays de LESSAY. Après des études au lycée de CAEN, il est commis de librairie à PARIS. Il crée en 1897, avec François ENAULT, la société du Bouais-Jan et la revue du même nom, qui paraitra jusqu’en 1906. Ensuite, il devient rédacteur et directeur du courrier de la manche. Après la destruction de Saint-Lô en 1944, il part quelques temps chez son fils à CHERBOURG, puis dans son pays natal, QUETTREVILLE SUR SIENNE ou il meurt en 1949. Il a écrit plusieurs poèmes, en dialecte ou français qui évoquent la foire de LESSAY dont « la grande lainde de LESSAY » (voir ci dessous).Un monument fut élevé à la mémoire de Louis BEUVE, à l’ entrée de lessay, en AOUT 1967 (notice de monsieur Michel PINEL).
Cette carte postale des années 1900-1910 nous montre une allée de déballeurs et surtout la foule qui s’y presse. On y remarque les hommes en costume ou en blouse et les femmes avec leurs coiffes. Les achats s’y font en famille.


Cette photo est une vue aérienne de la Foire de Lessay 1976 qui nous permet de voir l’ampleur que prend la Foire.